Juliette et Rosalie
Par La Comtesse de Bragada, vendredi 29 mai 2009 à 09:26 :: Papotages :: #301 :: rss
ROSALIE
Moi, je goûterais bien ; je sens un gros vide dans mon estomac. Rêver, fabuler, imaginer, c'est plaisant, j'en conviens. Mais ce n'est pas réel. Bon, on oublie. Ma faim, elle, est vraie et tout de suite.
Toute mes papilles frémissent sous la douceur de ce bol de lait ; et le beurre de cette tartine me transcende. Un plaisir simple, quotidien, que peut-être l'on ne peut apprécier qu'avec son instinct animal, que si l'on est… un chat ! Les Humains se compliquent bien leurs journées. On dirait qu'ils partent chercher le bonheur là où il ne sera jamais, demain. Mais demain est un autre jour et si aujourd'hui ils n'ont rien aimé de leur vie, pas même la joie de se lever, je crains qu'il en soit ainsi pour eux jusqu'à la fin des temps. A croire qu'ils aiment souffrir et pleurer.
Voilà que je philosophie!
Allons, allons, à chacun sa place: moi je ronronne dans le creux de l'oreille au beau milieu de la nuit, je saute sur les genoux au moment le moins opportun pour que l'on me caresse, je m'affale sur les papiers importants car je déteste que l'on m'ignore, je me roule dans les couvertures toutes bien mises des lits fait au carré et je plante mes griffes dans les tissus fragiles parce que je trouve amusant de tirer les fils. Après, ils bougent avec l'air et cela m'excite encore plus. Mais là, je me fais gronder par Juliette. Penaude, je me cache sous un meuble jusqu'à ce que Juliette quitte la pièce et alors... je recommence!
À SUIVRE...

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