La Comtesse de Bragada et son grimoire

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lundi 25 août 2008

L'Exode des Abysses

"La solution n'est pas dans la guerre mais dans le partage. Il suffit qu'une partie de vous tous travaille pendant que l'autre prend des vacances et au bout de trois mois, vous échangez. Lâchez la compétition entre vous. Vous êtes des frères, pas des ennemis!"

Le guerrier aux cheveux rouges opine du chef un moment puis décide d'organiser une conciliation avec tout le monde afin de mettre au point cette nouvelle façon de voir la vie.

En ce qui concerne Ngong, non, il n'a pas vu de géant dans les parages. Il s'agit d'une fausse piste.

Si Ngong n'est pas passé par ici, pourquoi le clown Rigolo leur a-t-il affirmé qu'il avait pris la direction du nord?

"Retournons voir notre Rigolo" dit Guénite, les sourcils froncés.

Le clown apercevant l'aile delta fondre sur lui tente de lui échapper. Mais c'est peine perdue, Guénite et les enfants l'ont déjà rejoint.

"Vous nous avez mentis, n'est-ce pas?"

"Oui" avoue Rigolo, "Ngong est mon meilleur ami. Je ne voulez pas que vous lui fassiez du mal. C'est une erreur de manipulation qui l'a fait devenir géant?"

"Vous voulez dire qu'il n'a pas toujours été de cette taille?"

À SUIVRE...

mardi 19 août 2008

BOIRE ET DEBOIRES A LA CITE ROSE (extrait)

- « J’ai vu "La Répudiée", celle de mon roi". Répond Albed après cinq pièces. "Elle avait un voile sur la tête mais je l’ai bien reconnue.»

Bon ; j’ai une piste. C’est déjà mieux que rien. Il m’est arrivé de débuter des enquêtes sans une miette à me mettre sous la dent. Cette fois-ci, c’est pas si mal. Raminougrobis renifle quelque chose sur la tombe ouverte. On dirait des cheveux roux qui se seraient accrochés aux pierres de l’intérieur du caveau. Curieux, ils sentent le sucre. Vu la longueur, je mettrais bien ma main à couper qu’il y a une femme là-dessous, comme souvent dans les affaires louches. Ah les femmes, les femmes ! Si ma mémoire est bonne, « La Répudiée » est une Nabatéenne, fille du roi Arétas de Pétra

C’est loin Pétra !

AU CIMETIERE

Une nuit de lune noire par vent d’Ouest. Un rat couina avant de s’engouffrer dans les immondices jonchant la terre ; des âmes erraient, brûlant les gaz des corps en décomposition ; une petite vieille, tout en psalmodiant, un fichu sans couleur sur ses épaules décharnées, n’en finissait pas de rallumer les lampes à huile soufflées par le maudit vent d’Ouest qui charriait des odeurs putrides.

Derrière un muret, c’était l’attente...

LE VOYAGE

Mon tirage divinatoire de ce jour : « Raido », la Rune du voyage et «teiwaz », risque de gaspillage d’énergie.

Acheter une place dans une caravane en partance pour le royaume des Nabatéens fut une épreuve plus difficile que d’avoir à combattre les lions dans l'arène. Personne ne voulait entendre parler d’un chat qui voyagerait avec moi. D’après les chameliers, la dernière fois que cela était arrivé, le chat avait eu tellement peur, qu’il avait agressé tout le monde et mis les dromadaires en déroute. Il avait fallu 3 jours pour tous les rassembler ! Mais je ne suis pas homme à me décourager et de nombreuses pièces d’or plus tard, Raminougrobis, ligoté dans un panier accroché au flan gauche, j’embarque sur le dromadaire de queue. Courir après cette fille me vide la bourse plus vite que je ne l’imaginais et tout ça pour me rendre dans une nécropole, alors que je sors d’un cimetière ! Il y a des jours où je ferai mieux de rester étendu sur ma couche.

Je ne sais pas si vous avez déjà voyagé à dos de dromadaire ; non seulement ça vous met les os et l’arrière train en vrac pire qu’aux jeux du cirque mais en plus, ça vous fait remonter tous les repas de la semaine à force de balancer, que vous en avez les dents du fond qui baignent ! Dans quelle galère suis-je allé me fourrer ?

A SUIVRE...

jeudi 14 août 2008

L'Exode des Abysses

(Vieux conte retrouvé dans une malle poussiéreuse, plein de défauts mais que j'aime bien, illustré à l'époque par Rozenn)

"Tout d'abord nous devons retrouver le géant." dit Matatou "Regardez là-bas, ce clown, peut-être pourra-t-il nous renseigner?"

"Ah dis-donc, vous tombez bien. Nous sommes à la recherche d'un géant qui doit habiter dans les parages. Le connaisez-vous?"

"Oui, oui, bien sûr... Mais vous l'avez raté de peu, il est parti ce matin vers les plaines du grand nord, et à l'allure où il allait, vous ne pourrez jamais le rattraper."

"Ce n'est pas un problème, dis donc, j'ai mon aile delta, nous l'aurons vite rejoint. Vous dites qu'il est parti vers le nord? Alors en route!"

Survolant des paysages et des paysages, ils n'aperçoivent toujours personne.

Mais tout à coup le delta se déséquilibre. Que se passe-t-il?

"C'est une flèche qui vient de transpercer la toile" constate Matatou.

"Posons-nous!"

Une fois à terre, ils se rendent compte qu'ily a la guerre.

Alors Guénite, un mouchoir blanc au bout de sa baguette magique, s'avance entre les flèches.

"Ah dis donc, en voilà un remue-ménage! rouspète-t-elle, "qu'est-ce qui peut bien justifier pareil désordre?"

Un grand guerrier au cheveux rouges explique:

"Nous habitons au bord de l'océan où il n'y a pas de travail. Nous vivons au jour le jour. Ceux qui habitent là où il y a le travail, veulent nous déloger de notre océan pour leurs vacances. Alors nous nous battons pour conserver notre peu de biens."

À SUIVRE...

jeudi 7 août 2008

Extraits de "La route en lacets"

Georges-Amandin habite un sixième étage sans ascenseur, sous les toits d'un vieil immeuble où tout est biscornu. Les fenêtres sont rectangulaires quand les encadrements sont arrondis. Les portes gondolent comme les feuilles des arbres à l'automne. Les sols montent et descendent pareillement aux cols des Pyrénées. Les plafonds accusent des ventres ronds. Et les murs s'inclinent tantôt à droite, tantôt à gauche comme s'ils allaient tomber. Mais Georges-Amandin n'en a cure. Il se sent bien ici. Il trouve que cet appartement lui ressemble... ou l'inverse. De guingois tout comme lui.

Georges-Amandin boite de la jambe droite. Non qu'elle soit plus courte que l'autre! Mais son genou droit n'a jamais voulu se déplier entièrement. Allez savoir pourquoi. Les trois opérations qu'il a subi lui ont tout juste permis de faire descendre la pointe de son pied jusqu'à terre et ainsi se passer de béquilles.

Aujourd'hui il dort avec un poids sur le genou sans que cela n'arrange rien.

George-Amandin partage sa vie avec Madame Moune, cleptomane de son état.

...

Tout en rondeurs et visage d'ange, Clémence-Rose trace chaque matin des portées à main levée sur de grandes feuilles ivoires, tout en trempant une biscotte beurrée dans une tasse de lait chaud. Depuis plusieurs années, elle recopie des partitions pour l'école de musique de son petit village niché au fin fond d'une vallée des Pyrénées. Dans son métier de tous les jours, elle présente la météo en langage des signes. Un palais mal fermé de naissance l'affuble d'un gros défaut de prononciation la rendant incompréhensible. Alors elle parle avec les mains.

...

lundi 28 juillet 2008

L'Exode des Abysses

(Vieux conte retrouvé dans une malle poussiéreuse, plein de défauts mais que j'aime bien, illustré à l'époque par Rozenn)

"Mais où allez-vous donc tous ainsi?" demande Guénite

"N'importe où, ce ne pourra par être pire qu'ici!" répond Mazette-Zozo, tout en tirant le radeau de son amie la méduse.

"Mais que se passe-t-il? Si vous partez les coraux mourront et la mer aussi, petit à petit. L'quilibre naturel sera rompu, tout ira de travers. Pourquoi partez-vous?

"On ne peut plus vivre dans cette eau sale! Toutes les nuits sans exception, un géant vient se laver dans l'océan. Non seulement il risque d'écraser l'un d'entre nous mais en pus il pollue notre nourriture. Regardez, il y en a déjà qui sont malades."

"Je comprends, je comprends. Mais avant de partir, pourquoi ne pas essayer de résoudre le problème en discutant avec lui?"

Ce n 'est pas aussi simple, il ne nous entend pas, il est trop grand!"

"Bon, j'ai une idée présentement. Je m'occupe de votre géant si vous me promettez de ne pas partir avant deux jours. Si je réussis, vous n'aurez plus aucune raison de quitter les abysses. Sinon vous pourrez partir."

"Tope-là! C'est d'accord, mais deux jours seulement, pas une minute de plus!"

"En attendant voici des remèdes pour vos malades." finti Guénite.

Maintenant il faut faire vite.

De retour sur le sable, tous ensemble ils élaborent un plan.

À suivre...

vendredi 25 juillet 2008

Retrouvailles

Mis à part le fait que je cherche le clignotant sur mon vélo pour tourner, ce qui tend à prouver l'habitude que j'en ai, me voici devant des cousins, cousines, amis perdus de vue depuis des années. C'est troublant. Je ne parviens pas à mettre la nouvelle image sur l'ancienne. Il manque beaucoup d'années. Au moins trente ans. Bien sûr, au début, il est facile de parler, de se raconter durant tout ce temps, loin les uns des autres. Puis, des affinités vont se faire, se refaire, se défaire... ou pas.

Certains, certaines, je les ai eu au téléphone d'abord, avec l'image que j'avais d'eux, enfants, un peu comme si le temps s'était arrêté. Quelle surprise lorsqu'il a fallu mettre la nouvelle image sur la voix qui avait déjà sa représentation d'autrefois.

Une expérience à suivre...

vendredi 18 juillet 2008

La maudite de Souberbal (extrait)

Vraiment, vous ne connaissez pas la Maudite de Souberbal?

Une sacrée histoire en vérité!

J'en fus l'un des témoins...

Pourtant, je me demande si je n'ai pas rêvé:

imaginez,

une histoire de fantômes,

cela ne peut être que dans les légendes

Diable non!

Écoutez plutôt...


*****

Les moissons venaient de s'achever sur les pentes de Souberbal. Les villageois avaient pour habitude d'en célébrer la fin par un bal. C'était là l'occasion pour les célibataires de trouver femme avant les rudesses de l'hiver. La fête avait bonne mine: tout le monde portait le costume traditionnel et tous riaient, chantaient, dansaient.


*****

Elie était beau garçon et en âge de se marier. Les filles de Souberbal le savaient et elles espéraient toutes... Les danses se suivaient mais il n'avait toujours invité personne. Qu'attendait-il donc?

Jeanne essayait pourtant d'accrocher son regard par des effets de jupons. Adèle papillonnait des cils en lui envoyant son regard de velours.

Mais Elie ne semblait voir personne.

Quand vînt la traditionnelle danse des Liadours, il se décida. Traversant la piste sans prêter la moindre attention à Rose-Marie, ni à Madeleine ou Hortense, il enleva Margot qui se tenait dans l'ombre. Timide, le rose aux joues, elle ne le quitta pas des yeux de crainte que si elle les fermait, toute la magie du moment disparût et Elie avec elle.

Il l'avait choisie; il la prenait pour femme.


*****

Le mariage fut fixé à la fin de l'automne. En attendant, les jeunes gens apprenaient à se connaître.

Elie était vaillant et ambitieux, il projetait d'acheter une ou deux vaches avec la dote de Margot.

Elle paraissait simple, généreuse et sans soucis.

Quelque chose l'intriguait pourtant: à certains moments de la journée, elle sentait une présence derrière elle... alors qu'il n'y avait personne.

Mais de cela elle n'osait en parler à quiconque de peur qu'on ne la prit pour folle.


*****

Les jours passaient. Elie semblait fatigué. De plus en plus.

“J'ai sûrement trop travaillé cet été. Quand l'hiver sera là, je me reposerai” répétait-il à Margot qui s'inquiétait.

Puis il fallu quérir le médecin qui ne comprit rien au mal d'Elie.

Alors on repoussa le mariage d'une saison.

Aux premiers flocons de neige, Elie mourut. On couvrit les miroirs et Margot prit le deuil...

mercredi 9 juillet 2008

L'Exode des Abysses

(Vieux conte retrouvé dans une malle poussiéreuse, plein de défauts mais que j'aime bien, illustré à l'époque par Rozenn)

Une heure trente deux plus tard:

"ça c'est du matériel!" s'extasient les garçons.

"et en imitation écaille de tortue, quelle classe!" ajoute Cali admirative.

"Aidez-moi à l'enfiler. Voici le mode d'emploi... Ah dis donc, ce n'est pas simple!"

Après plusieurs essais, Guénite est enfin prête.

Et voici tout le petit monde qui s'élance dans les vagues et s'enfonce dans les abysses.

Explorant minutieusement les fonds sous-marins, accompagnés du seul ronron des bulles d'air du scaphandre de Guénite, les recherches se poursuivent.

Cali régulièrement remonte respirer à la surface. C'est ainsi qu'à l'opposé de leurs investigations, elle aperçoit des remous. Aussitôt elle en informe tout le monde qui fait demi-tour. Rejoignant les remous, les enfants et la fée découvrent toute la faune de l'océan, d'énormes paquets sur le dos ou traînant des sacs, en route pour une destination inconnue.

C'est l'exode des Abysses!

À SUIVRE...

jeudi 26 juin 2008

Le rêve de Jade

Donc, petite Jade, tu veux créer le Royaume du Bonheur? C'est une très bonne idée mais quand je te vois ainsi fagotée, je ne m'étonne pas que tu n'aies pas encore abouti. Les rêves sont fait de folie, d'utopie, d'imaginaire et c'est bien cela qui en fait toute la magie: ignorant qu'ils étaient impossibles, alors nous les avons réalisés en dépit de tous ceux qui nous prédisaient que jamais nous n'y parviendrions.

Bon, comment vais-je m'y prendre avec toi. Voyons voir. (jeu de scène de Mary poppins qui mesure avec ses doigts la taille de Jade, ses bras, ses jambes, et de ce fait, habillage de Jade en personnage de conte). Tant que tu évitais d'écouter l'enfant qui est en toi, tu ne risquais pas de réaliser tes rêves. Maintenant, c'est beaucoup mieux! conclut Mary Poppins, fière d'elle. « Et là, que dois-je faire? » demanda Jade, Mary Poppins réfléchit puis dit: « organise un tournoi de bowling. Pour se faire, occupe toi de préparer une équipe de jeunes, moi je m'occupe de l'équipe des vieux! Et que les meilleurs gagnent! »

« Ah non! » rouspéta Jade, on ne va pas mélanger les jeunes et les vieux! Ce n'est pas drôle! »

« C'est bien toi qui est venue me chercher pour ton rêve? » répliqua fort justement Mary Poppins.

« Ah c'est facile de dire cela, la prochaine fois j'éviterai! » protesta Jade.

« Et c'est facile de venir me consulter et de me congédier après, tout en essayant de me faire culpabiliser parce que j'ai envie de partager plus qu'un simple renseignement.. Nous sommes tous là pour échanger nos connaissances » expliqua Mary Poppins, « Chacun de nous a quelque chose à offrir à l'autre. Si nous faisons trop de ségrégations, nous risquons de malmener la Paix et l'Amour.

Visiblement Jade compris car ce fut ainsi que s'affrontèrent dans un tournoi à la régulière, les jeunes et les vieux.

Je ne puis vous dire qui gagna la joute car à l'heure d'aujourd'hui la ronde se prolonge encore. Mais ce qui est certain, c'est qu'ils s'entendirent tous pour apporter chacun leur pierre pour que s'élève le Royaume du Bonheur.

FIN.

vendredi 20 juin 2008

L'Exode des Abysses

(Vieux conte retrouvé dans une malle poussiéreuse, plein de défauts mais que j'aime bien, illustré à l'époque par Rozenn)

De joie, les enfants font une ronde autour du tam-tam puis autour du delta-plane à tuyères MHD.

"Du calme, dis-donc! Quel accueil. Alors que vous arrive-t-il mes petits?"

"Mazette Zozo a disparu et tous les autres animaux de la mer également." résume Cali

"Ah mais c'est très grave ce que tu me racontes-là petite. Laissez-loi réfléchir... Le mieux c'est que j'aille voir au fond de l'océan ce qu'il s'y passe. Heureusement j'ai apporté mon catalogue des 3 huîtres. Je vais pouvoir me commander un scaphandre de plongée. Celui-ci me semble bien."

"L'article est disponible. Vous l'aurez dans une heure trente deux à la "valise féeplomatique" de Diani. J'espère que nous vous avons donné entière satisfaction. Bonne journée!"

À SUIVRE...

lundi 9 juin 2008

Le rêve de Jade

« Monsieur le lapin » interpellent Jade et Cosette, « savez-vous où est Alice?»

« Vous avez le pied dessus mes chères enfants. Récemment, elle a englouti tous les derniers champignons qui font rapetisser parce qu'elle est tombé amoureuse d'un ver luisant et elle a mis dans le feu tous les champignons qui font grandir. À cause de cela, toutes les représentations de l'histoire ont été annulées et je suis au chômage. Je dois rechercher un nouvel emploi. C'est pour cela que je n'ai pas de temps à vous accorder. Au revoir! »

« Et voilà, c'est bien notre veine! Tous les personnages de conte sont devenus fous » se désespère Jade, regardant tristement sa petite maquette dans le creux de sa main, « il doit bien y avoir quelque chose à faire? » implore-t-elle en regardant Al.

« J'ai peut-être encore une idée » dit le génie touché par le désespoir de Jade, « allons voir Mary Poppins, elle s'y connaît en magie. Pour cela, quittons le chemin tout rond et sautons dans le premier tableau venu. »


*****

« Bon » dit Mary Poppins, « tout le monde connaît la chanson? Alors tous ensemble: Supercalifragilisticexpialidocious... J'en entends qui bafouillent, recommençons: Supercalifragilisticexpialidocious... Non, non, non, cela ne va pas du tout, comment voulez-vous que nous puissions faire de la magie avec si peu de conviction. Allez, encore une fois tout le monde:

Su-per-ca-li-fra-gi-lis-tic-ex-pia-li-do-cious.

Bon, je félicite ceux qui y parviennent et pour les autres, on va faire avec. Sachez que de toute façon, même si vous l'aviez prononcé correctement, il n'aurait rien changé car ce n'est pas de la magie mais simplement une petite ritournelle dont on se débarrasse difficilement, surtout par nuit d'insomnie. C'est pourquoi je vous en remets une petite rasade:

Supercalifragilisticexpialidocious!

À SUIVRE...

dimanche 8 juin 2008

Tornade à Tarnos (extrait)

FAIT D'HIVER à TARNOS; 16 janvier 2001.

Le garde pêche de la petite ville de Tarnos a repêché hier matin, dans un méandre de l'Arac, la rivière en contrebas de la « ferme aux étoiles », le corps d'Odile Martin, 34 ans, célèbre astronome, lâchement assassinée dans le dos à hauteur du cœur.

D'après le médecin mandaté par la sécurité, la mort remonterait à la nuit du 9 au 10 janvier 2001.

Aussitôt une enquête, menée par le Commissaire Gustave Chantoiseau, a été ouverte.

Aucune arme n'a été retrouvée, toutefois l'hypothèse de l'utilisation d'une pioche est évoquée. Cela n'est pas sans rappeler la série de meurtres de 5 jeunes filles perpétrés il y a 11 ans sur les berges de la même rivière.

GUSTAVE CHANTOISEAU (se mouchant violemment et bruyamment)

« Saleté de grippe. 15 jours qu'elle me tient, tout cela à cause de ce maudit temps détraqué : une semaine glaciale sous le verglas ! Encore heureux que je ne me sois pas cassé une jambe ! Avec plus de 39 de fièvre, je ferais mieux de rester couché !

Bon récapitulons ; pas de viol ; pas de vol ; je peux donc éliminer d'ores et déjà le crime crapuleux et privilégier la thèse du règlement de compte ou de l'amant jaloux.

Aucun indice autour du corps, rien, que dalle, nada! Pas même une épingle à cheveux ! Voilà qui ne me simplifie pas la tâche ! Mais comme il faut bien commencer par quelque part, je vais aller voir le commissaire qui s'était occupé de l'enquête, sans succès, il y a 11 ans. »

Montcornus (extrait)

Guillaume, du bout des lèvres, siffla doucement sous la fenêtre de Madeleine. Elle était encore à table, son père n'avait pas fini son repas.

D'une main aux ongles éculés, il récura son assiette d'une grosse mie de pain. La dernière bouchée avalée, une gorgée de vin chaud en suivant, il essuya méticuleusement la lame de son couteau et la replia dans le manche sculpté. Signal que Madeleine avait enfin le droit de quitter la table.

Où vas-tu?” interrogea-t-il d'une voix autoritaire.

Me coucher, père. De pelleverser le jardin m'a épuisée.”

Silencieusement, après avoir embrassé le front de cet homme bourru, elle gravit l'escalier de bois sombre qui craquait sous chacun de ses pas.

La porte de la chambre refermée,

elle se précipita sur le balcon où l'attendait Guillaume.

Ensemble, ils prirent le sentier du Picou, ce petit mamelon boisé en son sommet, en plein coeur des Pyrénées, qui hébergeait leurs amours caressantes.

Là, Guillaume défit l'un après l'autre les petits boutons blancs de la chemise de Madeleine.

Les yeux fermés, elle laissait faire.

Elle attendait tout,

la vie,

la passion,

la mort.

Tout se mélangeait dans cet instant exalté,

son corps seul parlait...

lundi 2 juin 2008

Fidéline butine sur le net (extrait)

FIDELINE : 100 ANS

28 juin 2000.

Un léger rayon de soleil entrecoupé de nuages entre dans ma chambre, filtré par les lourdes tentures de velours grenat tirées sur les deux fenêtres à petits carreaux. La pénombre tapisse les murs de gris bleuté et ajoute une note de mystère à l’atmosphère silencieuse de cette pièce si grande et si haute. J’entends le vieux carillon Westminster du salon doré égrener huit coups. Je m’étire.

Tototte et Tina étalées de tout leur long sur mon lit à baldaquin, ouvrent un œil, baillent, interrompant un cour instant leur ronronnement. Zoé la plus vieille des trois chattes, assise comme une grosse potiche couleur caramel aux pieds de mes pantoufles, attend que je me lève pour lui donner un bol de lait. Pourtant, aujourd’hui, j’ai bien envie de fainéanter parce que c’est mon anniversaire: j’ai 100 ans. C’est étrange de dire cela : j’ai 100 ans, j’ai un siècle. Lorsque l’on est adolescent, on attend avec impatience ses 20 ans comme un cap qui doit ouvrir les portes de la Liberté, du savoir, de l’indépendance alors que ce n’est qu’un jour de plus d’apprentissage de la vie. (Il faut que je recherche si le mot « apprentissage » veut dire « apprenti - sage ».)

Mais on n’attend pas 100 ans.

Tout de même, 100 ans.

346 cahiers de journal intime ;

36525 jours…

Pas plus ?… j’ai dû me tromper dans ma multiplication : 365 par 100, cela fait 36500, plus 25 pour les années bissextiles : 36525 jours.

Tiens, je m’attendais à des millions de jours… Finalement, vu sous cet angle, 100 ans, ce n’est pas énorme, c’est moins impressionnant, plus à l’échelle humaine. Je me sens rajeunie tout à coup...


****

JOURNAL INTIME DE FIDELINE : 20 ANS

J’aime beaucoup ma nouvelle coiffure. J’ai vu cela dans un journal de mode. Tout le monde change de tête pour conjurer le cauchemar de la guerre. Comme je n’ai pas d’argent, je me suis fait moi-même une coupe courte avec frange, pas trop mal, et j’ai badigeonné mes cheveux avec du sucre détrempé pour changer la couleur; j’ai laissé sécher des heures au soleil. Cela les a caramélisés !

Fidéline, appelle Maman, Tu as une lettre.

J’arrive.

Qu’as-tu fait à tes cheveux ?

Je voulais ressembler à la photo du magasine. C’est joli qu'en penses-tu? ?

Mais avec quoi les as-tu teint ?

Du sucre.

Tu exagères Fidéline, le sucre est encore rare ; nous sortons de la guerre.

C’est pour cela Maman, que j’ai voulu changer. Je ne veux plus penser à l’horreur. J’ai eu trop peur. La vie, c’est du rire, du mouvement, du changement. D’ailleurs, j’ai envie d’apprendre les rythmes rapides des nouvelles danses : le fox-trot, le charleston. Je veux m’acheter une jupe courte qui tournoie et écouter du matin au soir et du soir au matin les jazz-bands américains. Je veux être modiste pour les grandes dames. Je rêve de me perdre dans ce tourbillon. A 20 ans, je suis en plein dans ma Quête du Bonheur !

Qu’est-ce que c’est que cette idée d’être modiste alors que tu as passé le concours de l’Ecole Normale et ça veut dire quoi « quête du bonheur » ? Une nouvelle lubie ; une de plus ! Et puis méfies toi, peut-être que ton tourbillon n’est qu’un mouvement de balancier qui s’envole dans l’autre sens ? Prends garde à ne pas t’échouer dans un autre extrême.

Et si Maman avait raison ; si tout cela n’était qu’un autre déséquilibre tout aussi dangereux que la guerre. Pourvu que cela ne veuille pas dire qu’après cette euphorie reviendra le temps de la destruction.

Tiens, voilà ta lettre.

C’est sûrement la réponse à mon concours. Je ne l’ouvre pas ; je veux être modiste.

À SUIVRE...

samedi 31 mai 2008

L'Exode des Abysses

(Vieux conte retrouvé dans une malle poussiéreuse, plein de défauts mais que j'aime bien, illustré à l'époque par Rozenn)

PCHIIIIT! Le parchemin est parti en fumée.

"Et bien dis-donc, quel cadeau! Comment te remercier, c'est magnifique, c'est merveilleux..."

"Tu me remercieras plus tard, pour lors, tu dois aller voir qui a besoin de toi."

Et Guénite de dire BIS

"moi je vous quitte

et moi je reste

bonne fête

bonne chance"

S'élançant alors avec son delta plane à tuyères magnéto-hydro- dynamiques, une des deux Guénites part rejoindre Cali, Matatou et Kimbo.

À SUIVRE...